Vogue, Le Point, Le Monde… depuis les années soixante-dix, Philippe Labro, journaliste, écrivain, "homme de média" comme on dit, s'est frotté à ce que l'on fait de mieux. Des artistes, politiques, vedettes en tous genres. Je connais gens de toutes sortes est un recueil des meilleurs portraits écrits par Philippe Labro pour ces journaux. Que de figures du siècle ! Ici, Philippe Labro rencontre Kennedy ou Mitterrand, là Hemingway ou Malraux, ici encore Jean-Jacques Goldman ou Platini. À chaque portrait, Labro cherche l'homme. Ce journaliste ne peut s'empêcher d'être écrivain. C'est d'ailleurs ce qui rend ces portraits encore lisibles, touchants et, la plupart du temps, drôles. Son œil capture le détail physique signifiant. Tout de suite, l'homme apparaît. C'est Modiano et sa maladresse nonchalante, les paupières rougies plissées de Mitterrand malade, Jean-Luc Godard un journal vissé sous la manche de son trench-coat, le naturel intégral d'un Jack Nicholson, les épaules trop larges du veston de Rocard, les silences éloquents de Malraux. Voyez comme Labro est écrivain, c'est toujours la matière humaine qu'il scrute et pétrit. Notez que l'auteur a tenu à rajouter dans cet album souvenir une postface à chaque portrait où il reconsidère le temps qui s'est écoulé depuis. En creux, à travers les portraits de tant d'hommes différents, c'est aussi Labro, un homme affable portant des bretelles, qui se livre et qui tente de conjurer le temps qui passe par l'écriture. —Denis Gombert