Ce livre est le témoignage précieux d'un des rares spectateurs qui, voyant naître et s'étendre le nazisme au jour le jour, en comprit immédiatement tout le sens, toute la portée, toute l'horreur. De 1932 à 1933, avant et après l'installation d'Itler au pouvoir, Daniel Guérin accomplit deux voyages à travers l'Allemagne. Prenant conscience de l'ampleur du drame qui se jouait, il décida de rédiger ce témoignage, dans l'espoir malheureusement vain d'alerter le public français. Cette description sur le vif, publiée en divers articles dans la presse de l'époque, forme la matière de La peste brune, le premier tome de ses écrits Sur le fascisme (réédités sous ce titre en 1965). Convaincu que seule une analyse en profondeur du phénomène fasciste permettrait d'en révéler la véritable nature, il entreprit en 1935 un travail de synthèse, Fascisme et grand capital (publié en 1936, et republié en 1965 comme second tome de Sur le fascisme), qui, par la clarté logique de son exposé, la rigueur de sa documentation et - l'histoire l'a prouvé - la justesse de ses vues, devait devenir un classique.