Dès le départ, le ton est donné. C’est un orphelin qui prend la parole. Sa mère est morte quand il avait seize ans et il a perdu son père à dix huit ans.
Dix huit ans, l’année du bac où il se voit contraint de passer ses vacances avec son père dans une maison familiale, héritage de la mère au bord de l’Atlantique. Même si il préférait partir avec ses copains dans le Sud, il accepte cette volonté de retrouvailles d’un père qui n’a jamais été présent. Grand avocat, égoïste, ambitieux, il a rendu sa femme malheureuse par ses infidélités et le jeune homme le tient responsable de la mort de sa mère. Conflit de génération et rancœur d’enfance, l’ambiance estivale risque d’être électrique.
Et c’est par cette jeune vacancière, Cécile qui loue la maison voisine avec son mari Raphaël que le scandale arrive. Une belle jeune femme qui s’ennuie un peu dans une vie de couple monotone, un prédateur à l’affût de chair fraîche, l’adultère est inévitable. Face à cette nouvelle incartade qui remet en mémoire toute l’hypocrisie du père et la souffrance de la mère, le jeune garçon tente de trouver un peu de chaleur dans des amours de vacances. Mais la mèche est allumée et l’explosion est imminente.
J’ai souvent regretté chez cet auteur une langueur insupportable de ses personnages, un fondu doucereux trop appuyé. Pour une fois, il me semble que cela convient bien à ce jeune garçon et à l’ambiance de cette maison atlantique. Période et lieu de vacances propice à la légèreté et aux amours passagères et surtout nonchalance, fragilité mais aussi rébellion d’un caractère adolescent.
Des le départ, l’ambiance est donnée et cette période de vacances sera cruciale.
" Depuis j’ai appris à aimer ce moment où les cuirasses tombent, où les fragilités se dévoilent, où les destins bifurquent."
Pourtant, en nous dévoilant l’issue fatale dès le début du récit, l’auteur nous prive d’une partie du drame. Il ne nous reste qu’à apprécier l’évolution prévisible des personnages au cours de cet été meurtrier.